Le purin de consoude se fabrique facilement avec peu de matériel
Vos tomates peinent à grossir, vos courges fleurissent peu et vos aubergines stagnent ? Le purin de consoude est souvent la réponse que cherchent les jardiniers qui veulent nourrir leurs plantes sans passer par la case engrais chimique. C’est un engrais naturel facile à fabriquer, mais quelques erreurs de préparation peuvent tout gâcher.
Voici comment faire du purin de consoude correctement, de la récolte jusqu’à l’application.

Quelle consoude choisir et quand la récolter ?
Toutes les consoudes ne se valent pas. Si vous en plantez une dans votre jardin, privilégiez la variété ‘Bocking 14’ : c’est une sélection stérile, donc non invasive, et particulièrement riche en potasse. Une consoude classique peut rapidement envahir un massif. La Bocking 14, elle, reste sage.
Pour la récolte, le timing compte. Coupez les feuilles juste avant la floraison : c’est à ce stade qu’elles concentrent le maximum de nutriments. Portez des gants, les poils qui couvrent les feuilles et les tiges sont irritants pour la peau. Ce n’est pas une précaution inutile.
Voir aussi notre article sur le purin d’ortie : comment le préparer et l’utiliser au jardin.
Comment préparer votre purin de consoude sans se tromper ?
Le ratio de base est simple : 1 kg de feuilles fraîches pour 10 litres d’eau. Si vous n’avez pas de balance sous la main, remplissez votre récipient à moitié de feuilles grossièrement hachées, puis complétez avec de l’eau jusqu’au bord. Hachez les feuilles et les tiges avec un sécateur ou une cisaille : ça accélère sensiblement la fermentation.
Sur le choix du contenant, soyez vigilant. Le métal s’oxyde au contact des acides produits par la fermentation, ce qui peut altérer la qualité du purin. Préférez un bac en plastique ou en bois. Couvrez-le avec un tissu ou un couvercle non hermétique : ça évite la ponte des moustiques tout en laissant les gaz s’échapper. Et couvrez vraiment, l’odeur est franche.
L’eau utilisée a aussi son importance. L’eau du robinet, souvent calcaire ou chlorée, peut nuire à la fermentation. L’eau de pluie est idéale. Si vous n’en avez pas, laissez reposer votre eau du robinet 24 à 48 heures avant utilisation : le chlore s’évapore naturellement.
Fermentation : comment savoir quand votre purin est prêt ?
Remuez le mélange tous les jours ou tous les deux jours pour homogénéiser la fermentation et libérer les gaz. C’est pendant cette phase que l’odeur est la plus forte. Pas de panique, c’est normal.
Le purin est prêt quand il ne produit plus de bulles lors du brassage. Selon la température extérieure, cela prend entre 8 jours (en été) et 4 semaines (par temps frais). Ne précipitez pas : un purin insuffisamment fermenté est moins efficace, et parfois irritant pour les racines.
Comment filtrer et conserver votre purin ?
Une fois la fermentation terminée, filtrez le liquide à travers un vieux collant en nylon ou un chiffon fin. Cette étape est indispensable si vous utilisez un pulvérisateur, sinon les résidus bouchent les buses.
Pour conserver votre purin jusqu’à un an, remplissez vos bouteilles ou bidons à ras bord, de façon à laisser le moins d’air possible (moins de 1% idéalement). Stockez-les dans un endroit frais et à l’abri de la lumière. Les feuilles décomposées récupérées après filtration ? Ne les jetez pas : ajoutez-les directement au compost, elles accélèrent la décomposition.
Comment utiliser le purin de consoude sur vos plantes ?
Ne versez jamais le purin pur sur vos plantes. Pur, il brûle les racines et les feuilles. La dilution est obligatoire, et elle varie selon l’usage :
- Pulvérisation foliaire : diluez à 5% (environ 0,5 L de purin pour 9,5 L d’eau)
- Arrosage au pied : diluez entre 10% et 20% (1 à 2 L pour 8 à 9 L d’eau)
Le purin de consoude est particulièrement indiqué pour les légumes-fruits : tomates, aubergines, courgettes, courges, poivrons. Sa richesse en potasse stimule la floraison et favorise la fructification. Mais évitez de l’utiliser sur les salades, épinards et autres légumes-feuilles : la potasse risque de provoquer une montée en graines prématurée.
Pour un engrais plus complet, vous pouvez mélanger le purin de consoude (potasse) avec du purin d’ortie (azote). Les deux se complètent bien pour nourrir un potager en pleine production.
Avant de vous lancer dans les applications foliaires, vérifiez que vous utilisez un pulvérisateur adapté aux liquides organiques. Certains modèles d’entrée de gamme s’encrassent rapidement avec des purins, même bien filtrés. Un investissement de 15 à 30 € dans un pulvérisateur de qualité vous évitera bien des déboires.
